Il fut un temps où acheter en ligne donnait envie.
Aujourd’hui, parfois, cela donne surtout envie d’abandonner.
Non pas à cause des produits.
Mais à cause de ce qui vient après : la livraison.
“On lance un Yango” : le raccourci qui tue l’e-commerce ivoirien
Acheter en ligne pour se compliquer la vie
À quoi bon commander depuis son téléphone si c’est pour entendre ensuite :
« On ne livre pas. »
L’argument tombe souvent comme une évidence, presque comme si c’était normal. Pourtant, ça ne l’est pas.
Quand on choisit de vendre exclusivement en ligne, on choisit aussi :
-
de s’adapter au client,
-
de lui faire gagner du temps,
-
de lui éviter des déplacements inutiles.
Sinon, autant rester en boutique classique.
A lire : Le petit guide des viennoiseries à Abidjan – SERIAL FOODIE
Le transfert de contrainte
“On lance un Yango” est devenu une solution facile.
Trop facile.
Le vendeur se décharge :
-
de la gestion,
-
de la coordination,
-
de la responsabilité.
Le client, lui, hérite :
-
du stress,
-
du coût supplémentaire,
-
et parfois même des retards.
Ce n’est pas un service.
C’est un transfert de problème.
Marges, bénéfices et réalité terrain
Oui, gérer une livraison coûte de l’argent.
Oui, cela demande de l’organisation.
Mais vendre, ce n’est pas uniquement chercher la marge maximale.
C’est proposer un service cohérent avec le prix affiché.
Sinon, il ne faut pas s’étonner d’entendre ensuite que “les clients sont compliqués” ou que “vendre est devenu un casse-tête”.
A lire : Macarons à Abidjan : le grand retour… mais pas sans débat – SERIAL FOODIE
Le client a toujours le dernier mot
Le client peut accepter d’attendre.
Il peut accepter un retard, s’il est informé.
Il peut accepter une hausse, si elle est justifiée.
Mais il n’accepte pas :
-
le mépris,
-
l’improvisation,
-
ni le sentiment de “faire plaisir au vendeur”.
Et quand il n’accepte pas… il va ailleurs.
Conclusion
L’e-commerce est une opportunité formidable en Côte d’Ivoire.
Mais encore faut-il respecter ses règles de base.
Pour moi, c’est clair :
pas de livraison, pas d’achat.
Pas de solution proposée, pas de transaction.
Et non, on ne lance pas de Yango.








