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A la question : Qui est Béatrice Grandcolas, qu’a-t-elle réalisé et comment ? La propriétaire du restaurant multiculturel Salads and sun  situé à la rue du commerce au Plateau nous a fait l’honneur d’un interview que je vais bien entendu partager avec vous. J’ai connu cette dame de fer pas lors de mes visites dans son restaurant ((je suis une grosse timide qui aime passer inaperçue) mais plus en ligne lors de ces très instructives contributions sur mon blog ou sur ma page Facebook. Je l’ai trouvé très cultivé et maintenant je sais pourquoi. Avant de répondre à mes questions elle m’a remercié en ces termes :

Je tiens à vous remercier d’être venue nous rendre visite à plusieurs reprises, de m’avoir permis de mettre fin à nos vilains wings et de vos questions.

Trêve de bavardage ! Découvrons donc Béatrice Grandcolas :

 Qui est Béatrice Grandcolas ?

 Une Parisienne dont les parents, un père italien et une mère belge, se sont rencontrés à Londres.

Quelle est l’histoire de Béatrice et de la Côte d’Ivoire ?

 J’ai découvert la Côte d’Ivoire en décembre 1982 lorsque je travaillais en tant que fiscaliste transnationale responsable de la grande exportation chez Renault qui avait alors une usine de montage. Les six années suivantes, j’ai effectué deux à trois voyages par an de trois à huit jours chaque fois et je restais essentiellement à Abidjan. J’ai immédiatement été séduite par la chaleur humaine, la vivacité et la beauté de la ville. Le 1er octobre 1988, mon coup de foudre pour cette ville entraîne mon installation à Abidjan comme avocat responsable de l’ouverture du bureau régional d’un cabinet d’affaires parisien. Ce furent quatre merveilleuses années consacrées d’une part à l’édition juridique et fiscale ainsi qu’au droit des affaires et du développement et d’autre part à la découverte d’un pays et de ses habitants que j’apprécie et aime chaque jour davantage.

Je dis cependant adieu à la Côte d’Ivoire pour ne pas y revenir (vous n’avez dit « jamais ») et me diriger vers Washington D.C. après une année à Paris. Ces douze mois passés en famille furent enrichies par la douce nounou Catherine et mon fils Baptiste né deux ans plus tôt à Cocody.

Le 5 octobre 1999, je deviens associée majoritaire d’un hôtel, Best of Africa, construit un an plus tôt à Dagbego, Canton du Trépoint et ne quittai plus la Côte d’Ivoire jusqu’à ce jour.

Comment vous est venu le choix de l’entreprenariat ?

Je n’ai pas réellement choisi l’entreprenariat, je cherchais plutôt un auto-emploi. C’est le rejet systématique des jeunes seniors et des profils atypiques par les employeurs français qui m’a conduite à me tourner vers la création. Des vacances au Cameroun avec mon compagnon d’alors qui venait d’être licencié d’une grande banque française ont achevé de me convaincre.

Dix-huit mois de recherches et d’études comparatives sur l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest francophone et anglophone ont privilégié la Côte d’Ivoire alors pays indéniablement stable, que j’avais d’ailleurs l’avantage de connaître et d’apprécier, car j’avais été indéniablement éblouie par la beauté et la diversité du pays et sans nulle doute charmée par la gentillesse de ses habitants. La luxuriance de la végétation du sud-ouest me fascinait. La paisible ville de Sassandra était ma préférée pour son charme, son histoire et son climat.

Et l’aventure commence…

Qu’est-ce qui vous a séduit dans le domaine de la restauration ?

 L’hôtellerie était et demeure ma passion. Ce qui m’attirait dans l’hôtellerie de loisir ou de centre-ville, c’est le contact humain. Toute petite, je voyageais régulièrement avec mes parents, puis rapidement seule, me rendais fréquemment à Turin et Bruxelles où ma grand-mère maternelle tenait un hôtel meublé qui hébergeait des étudiants ou travailleurs étrangers du monde entier. Ma grand-mère était, elle, un vrai entrepreneur, une femme infiniment dynamique, ouverte et généreuse. Comprenant la solitude de ses locataires, elle les recevait souvent dans son salon, les écoutait, leur offrait un café ou une bière. Cette ambiance m’a constamment manqué.

Dans un hôtel comme « Best of Africa » à 35 km, par piste et mauvais goudron (soit minimum 1heure, voire 2, aller-retour) de la plus proche ville, la restauration est le complément incontournable de l’hôtellerie, voir l’élément essentiel.

Issues d’une famille de citadins qui travaillaient et ne cuisinaient pas, ma sœur et moi avons pris le contre-pied et dès notre adolescence, c’est au travers de quelques livres (pas de vidéo, pas d’Internet à l’époque) que nous nous sommes lancées. Plus tard, la cuisine a été mon échappatoire à une vie professionnelle passionnante certes, mais prenante et ingrate (fiscaliste/avocat).

Durant une bonne quinzaine d’années, j’ai intensément voyagé au travers de différents continents. J’ai mis toutes ces expériences, passions et émotions dans Best of Africa et de plus en plus dans Salads & SUN.

Parlez-nous de vos débuts dans ce domaine.

 Dès le début de l’année 1998 je me suis préparée à ce nouveau métier à travers plusieurs voyages d’étude en Afrique (Bénin, Côte d’Ivoire, Ghana, Sénégal, Togo), l’étude systématique de la concurrence en Côte d’Ivoire, la formation théorique de 3 semaines « Création et Gestion d’un restaurant », le suivie de stages pratiques « Climat de France » 3* (hôtellerie, gestion de la salle, comptabilité), le stage pratique gestion cuisine, approvisionnements, stocks + dans 2 restaurants gastronomiques…

Cette formation m’a été très utile : j’avais appris les bonnes techniques et les pièges à éviter.

Ce à quoi je n’avais pas été préparée en revanche est un coup d’Etat moins de 3 mois plus tard, la séparation d’avec mon associé dans des conditions conflictuelles, de nombreux désordres dans les années 2000, 2002 ; le pillage de 2004 et la disparition de tous mes objets personnels et œuvres d’art du fait de repreneurs indélicats en 2010.

Que signifie pour vous le terme « bon cuisinier » ?

 Un bon cuisinier en restauration individuelle de quartier est à la fois créatif et constant.   Il sait respecter et faire respecter par son équipe les recettes, proportions, et le temps de cuisson.   Il comprend le style de l’établissement et adhère à l’esprit de la maison.

Au-delà et surtout, il est tenace, endurant et passionné par son métier.

Qui sont ceux qui contribuent à la réusitte de Salads & SUN aujourd’hui ?

 Il se dénomme Bakary KONE. Il est le fils ainé du chef gardien de jour de Best of Africa. Il a été successivement aide-menuisier, aide-peintre, aide-plombier, aide-électricien, aide-jardinier. Bakary faisait tous ces métiers avec application, mais sans passion. Un week-end de Pâques (le plus gros de l’année à Best of Africa). Un plongeur/aide tombe subitement malade. On donne à Bakary des chaussures, un tablier et un couteau. Il ne devait plus quitter la cuisine. Il a gravit tous les échelons.

Il y a aussi la salle indissociable de la cuisine : elle la fait comprendre, elle transmet les réactions des clients — (et fait évoluer le produit), partage les passions et émotions. À sa tête Rodrigue SEP également un ancien de best of Africa. Tout autre profil, BTS, artiste chanteur, fin, attentif aux moindres besoins et humeurs de ses clients et de sa patronne.

Quelles sont les difficultés rencontrées au quotidien ?

 Elles sont principalement au nombre de 3 :

  • les approvisionnements : je ne parviens pas à suivre ce qui m’avait été enseigné à Paris ou ce que je lis sur lhotellerie-restauration.fr et restaurantowner.com auxquels je suis abonnée : mettre en concurrence ou même choisir mes fournisseurs : la concurrence est quasi inexistante et tout à fait absente dans les services de base : électricité, connexions, eau, etc. On se sent ainsi les otages des fournisseurs. Frustrant.
  • le recrutement : malheureusement, 10 ans de désordres ont joué fortement sur la quantité et la qualité du personnel disponible. Les touristes avaient boudé la Côte d’Ivoire, l’intercontinental également ; les écoles professionnelles ont baissé les bras. Les jeunes se sont tournés vers d’autres formations ou professions.
  • La solitude propre à l’entrepreneur en général, mais plus spécifiquement pour l’hôtelier et le restaurateur en raison de la faible efficacité des organisations professionnelles et de la frilosité des professionnels à partager information ou conseils.

 Quelle est l’influence de votre vie d’entrepreneur sur votre vie personnelle ?

 Ma vie d’entrepreneur est ma vie. Mon activité professionnelle a constamment dominé ma vie personnelle, transcendé sur tout le reste. Il en a été de même durant mes années de fonctionnaire. La seule différence est sur le plan financier : j’avais alors davantage d’argent, argent que j’utilisais pour me faire plaisir au lieu de le consacrer aux dépenses prioritaires de l’entreprise telles que salaires, loyer, etc.  Certainement l’inconvénient d’être passionnée et perfectionniste.

Quelles sont vos attentes, vos souhaits pour votre restaurant et au-delà pour vous-même ?

Avoir une clientèle plus large (surtout le soir) et plus sensible à nos efforts, reprendre les activités du mercredi telles que le Language Swap, renforcer mon équipe surtout au niveau de la cuisine dont les lacunes doivent être comblées, trouver un appui commercial.

À titre personnel, j’aimerais convaincre ma grande boule de tendresse (aujourd’hui) à s’impliquer, apprendre à m’épargner, reprendre des formations, ouvrir une maison d’hôte au Plateau et beaucoup d’autre chose.

Quels sont vos coups de cœur dans votre menu ?

Tout ce qui est à base de foie gras, de poisson et d’écrevisses, produits que mon chef sait bien travailler et que je sais tester ; les amuse-bouches du jour où j’exprime toute ma fantaisie.

For those who speak speak english it’s here :

To the question: Who is Beatrice Grandcolas, she has achieved and how? The owner of the multicultural Salads and Sun restaurant located at the commercial street in Plateau did us the honor of an interview I will of course share with you.

I have known this lady from not during my visits in the restaurant ((I’m a big shy loves go unnoticed), but most online during these very informative papers on my blog or on my Facebook page. I found her very cultivated and now I know why Before answering my questions she thanked me in those terms : Thank you for coming to visit us several times, allowing me to end our villains wings and questions.

Truce chat! So discover Béatrice Grandcolas:

Who is Beatrice Grandcolas?

A Parisian whose parent, an Italian father and a Belgian mother, met in London.

What is the story of Beatrice and Côte d’Ivoire?

I discovered the Ivory Coast in December 1982 when I worked as a transnational tax charge of overseas exports at Renault, which then had an assembly plant. The following six years, I made two or three trips a year from three to eight days, and each time I stayed mainly in Abidjan. I was immediately seduced by the warmth, liveliness and beauty of the city. On 1 October 1988, I fell in love with this city leads my installation in Abidjan as a lawyer responsible for the opening of the Regional Parisian law firm office. It was four wonderful years devoted firstly to the legal and tax issue as well as business law and development and also the discovery of a country and its people that I appreciate and love each day more.

However, I say goodbye to the Ivory Coast for not returning (you did not say « never ») and direct me to Washington DC after a year in Paris. These twelve months in the family were enriched by the gentle Catherine nanny and my son Baptiste born two years earlier in Cocody.

On October 5, 1999, I became a majority partner in a hotel, Best of Africa, built a year earlier to Dagbego, Canton Trépoint and never left the Ivory Coast to date.

How did you get the choice of entrepreneurship?

I do not really have chosen entrepreneurship, I was looking rather self-employment. It is the systematic rejection of young, seniors and atypical profiles of French employers that led me to turn to create. A holiday in Cameroon with my then-companion who had just been dismissed from a major French bank has finally convinced me.

Eighteen months of research and comparative studies across Africa Francophone and Anglophone West favored Ivory Coast while undeniably stable, I had also the advantage of knowing and appreciate because I was definitely dazzled by the beauty and diversity of the country and without any doubt charmed by the friendliness of its inhabitants. The luxuriance of the vegetation in southwestern fascinated me. The quiet town of Sassandra was my favorite for its charm, its history and climate.

And the adventure begins…

What attracted you to the field of restoration?

The hotel business was and is my passion. What attracted me to the hotel or leisure center is the human contact. Any small, I was traveling with my parents regularly, and then only quickly, frequently would go to Turin and Brussels, where my maternal grandmother kept a furnished hotel that housed students or foreign workers everywhere. My grandmother had it, a true entrepreneur, an infinitely dynamic woman, open and generous. Including the solitude of her tenants, she often received in his living room, listened, offered a coffee or beer. This atmosphere consistently failed me.

In a hotel as « Best of Africa » 35 km, by track, wrong tar (or minimum 1 hour or 2-way) from the nearest town, the restoration is the essential complement to the hotel, see essential.

From a family of townspeople who were working and not cooked, my sister and I took against the foot and from our adolescence, it is through some books (no video, no Internet back then) that we have launched. Later, the kitchen was my escape from an exciting professional life certainly, but involved and thankless (tax / lawyer).

During a good fifteen years, I have traveled extensively through different continents. I put all these experiences, passions and emotions in Best of Africa and increasingly in Salads & SUN.

Tell us about your beginnings in this area.

From the beginning of 1998 I prepared for this new business through several study tours in Africa (Benin, Côte d’Ivoire, Ghana, Senegal, Togo), the systematic study of competition in Cote Ivory, theoretical training three weeks « Creating and Managing a restaurant », the practical training followed by « Climat de France » (hotels, room management, accounting), the practical management training kitchen, supplies, stocks + 2 gourmet restaurants in …

This training was very useful: I learned the right techniques and pitfalls to avoid.

What I had not been prepared, however, is a coup less than three months later, the separation from my partner in conflict conditions, many disorders in the years 2000, 2002; the looting of 2004 and the disappearance of all my personal items and works of art because of unscrupulous buyers in 2010.

What do you mean the term « good cook »?

A good cook individual neighborhood restoration is both creative and constant. He knows respect and ensure respect by his team revenue, proportions, and cooking time. It includes the style of the property and adheres to the spirit of the house.

Beyond and above all, he is tenacious, enduring and passionate about his job.

Who are those that contribute to réusitte Salads & SUN today?

 Who are those who contribute to the success of SUN & Salads today?

Bakary Kone is denominated. He is the eldest son of the day guard Head Best of Africa. He was successively assistant carpenter, assistant painter, assistant plumber, electrician’s helper, assistant gardener. Bakary doing all these jobs diligently, but without passion. An Easter weekend (the biggest of the Year, Best of Africa). A diver / help falls suddenly ill. It gives Bakary shoes, apron and knife. He must not leave the kitchen. He moved up the ranks.

There is also the inseparable room, the kitchen: she made clear, it transmits customer feedback – (and develops the product), shares the passions and emotions. At its head also Rodrigue September 1 alumnus best of Africa. Any other profile, BTS, singer, artist, fine, attentive to every need and moods of his customers and his boss.

What are the difficulties encountered in everyday life?

They are mainly the number of 3 :

– Supplies: I cannot follow what was taught in Paris or what I read about and lhotellerie-restauration. For restaurantowner.com which I subscribe: to compete or even pick my suppliers: competition is almost nonexistent and completely lacking in basic services: electricity connection, water, etc. It feels so hostages suppliers. Frustrating.

– Recruiting: unfortunately, 10 years disorders have played heavily on the quantity and quality of available staff. Tourists had shunned Côte d’Ivoire, also intercontinental; vocational schools have given up. Young people have turned to other professions or training.

– The own loneliness to the contractor in general, but more specifically for the hotel and the restaurant because of the low efficiency of professional organizations and the reluctance of professionals to share information or advice.

What is the influence of your entrepreneurial life with your personal life?

My entrepreneurial life is my life. My professional activity has consistently dominated my personal life, transcended everything else. It was the same during my official of years. The only difference is financially: I was then more money, money that I used to make me happy instead to devote to priority business expenses such as salaries, rent, etc. Certainly the disadvantage of being passionate and perfectionist.

What are your expectations, your wishes for your restaurant and beyond for yourself?

Having more customers (especially at night) and responsive to our efforts, resume Wednesday of activities such as Language Swap, strengthen my team, especially in the kitchen whose gaps must be filled, finding a commercial support.

Personally, I would convince my great tenderness ball (today) to get involved, learn to save myself, resume training, open a guest house in the Plateau and many other things.

What are your heart blows in your menu?

Everything is based on foie gras, fish and crayfish products that my boss knows that I know work and testing; the snacks the day I express my fantasy.

10 replies on “DISCOVER BEATRICE GRANDCOLAS

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